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Pratique

PRU crypto : calculer son prix moyen et suivre correctement sa performance

Apprenez à calculer votre PRU crypto, intégrer les frais, distinguer PNL latente et réalisée, et éviter la confusion avec le calcul fiscal français.

Tableau de suivi affichant le prix moyen et la performance d’un portefeuille crypto
Photo éditoriale issue de la version précédente du site.

Lorsque l’on achète un actif numérique en plusieurs fois, le dernier prix payé ne suffit plus pour savoir si la position est réellement en gain ou en perte. Il faut calculer son prix de revient unitaire, plus souvent appelé PRU.

Le principe est simple. La difficulté apparaît lorsque les achats se multiplient, que les frais s’ajoutent, que l’on utilise plusieurs plateformes ou que l’on vend une partie de sa position.

Le PRU est un excellent outil de pilotage. Il faut toutefois éviter une confusion fréquente : le PRU d’un bitcoin ou d’un ether n’est pas la formule utilisée par l’administration française pour calculer la plus-value fiscale d’un portefeuille d’actifs numériques.

Qu’est-ce que le PRU ?

Le prix de revient unitaire représente le coût moyen d’acquisition d’une unité d’un actif.

Si vous avez investi 2 000 euros pour acquérir 1 ETH, votre PRU est de 2 000 euros par ETH. Si vous achetez ensuite un deuxième ETH à 3 000 euros, votre prix moyen n’est ni 2 000 ni 3 000 euros. Il devient 2 500 euros.

La formule de base est la suivante :

PRU = montant total consacré aux achats ÷ quantité totale achetée

Le calcul doit être pondéré par les quantités. Faire une simple moyenne entre les différents prix d’achat produit souvent un résultat faux.

Exemple avec plusieurs achats

Imaginons trois achats de bitcoin :

  • 0,10 BTC acheté pour 4 000 euros
  • 0,15 BTC acheté pour 7 500 euros
  • 0,05 BTC acheté pour 3 000 euros

Le total investi est de 14 500 euros. La quantité totale acquise est de 0,30 BTC.

PRU = 14 500 ÷ 0,30 = 48 333,33 euros par BTC

Si le bitcoin vaut ensuite 55 000 euros, la position présente une plus-value latente. Elle n’est pas encore réalisée tant qu’aucune vente n’a eu lieu.

Valeur actuelle de la position :

0,30 × 55 000 = 16 500 euros

Performance latente :

16 500 − 14 500 = 2 000 euros

Pourquoi la moyenne simple donne un mauvais résultat

Supposons que vous achetiez :

  • 0,01 BTC à 40 000 euros
  • 0,20 BTC à 60 000 euros

La moyenne entre 40 000 et 60 000 est de 50 000 euros. Pourtant, la grande majorité de la quantité a été achetée à 60 000 euros.

Le calcul pondéré donne :

  • Premier achat : 400 euros
  • Deuxième achat : 12 000 euros
  • Total : 12 400 euros pour 0,21 BTC
PRU réel = 12 400 ÷ 0,21 = environ 59 048 euros par BTC

La différence est importante. Un suivi approximatif peut donner une impression erronée de la performance.

Faut-il intégrer les frais ?

Oui, lorsque l’objectif est de connaître le coût réel de la position.

Les frais de transaction facturés par une plateforme augmentent le coût d’acquisition. Les frais de réseau peuvent également être pris en compte lorsqu’ils sont directement liés à l’opération.

Exemple :

  • Achat de 1 ETH : 2 000 euros
  • Frais de plateforme : 10 euros
  • Coût total : 2 010 euros

Le PRU réel est alors de 2 010 euros par ETH.

Il faut aussi vérifier la manière dont les frais sont prélevés. Certaines plateformes les facturent en euros, d’autres retirent une petite partie de l’actif acheté. Dans le second cas, la quantité réellement reçue est inférieure à la quantité commandée.

Que se passe-t-il après une vente partielle ?

Dans un suivi de portefeuille fondé sur le coût moyen pondéré, vendre une partie de la position ne modifie généralement pas le PRU des unités restantes. La quantité diminue, tandis que le prix moyen des achats conservés reste identique.

Reprenons une position de 2 ETH avec un PRU de 2 500 euros. Vous vendez 0,5 ETH lorsque le prix atteint 3 000 euros.

Le résultat réalisé sur cette vente, dans une logique de suivi de performance, est :

(3 000 − 2 500) × 0,5 = 250 euros

Il reste 1,5 ETH avec un PRU de suivi de 2 500 euros.

Cette méthode est utile pour analyser une position. Elle ne doit pas être confondue avec la méthode fiscale française appliquée aux cessions d’actifs numériques, qui raisonne à l’échelle globale du portefeuille.

PRU, PNL latente et PNL réalisée

Ces notions répondent à des questions différentes.

Le PRU indique le coût moyen d’entrée.

La PNL latente mesure le gain ou la perte théorique si la position était vendue au prix actuel.

La PNL réalisée correspond au résultat d’une vente effectivement exécutée.

Formule de la PNL latente :

(prix actuel − PRU) × quantité détenue

Formule de la PNL réalisée dans un suivi par coût moyen :

(prix de vente − PRU) × quantité vendue

Une interface qui affiche « +2 000 euros » sans préciser s’il s’agit d’un résultat latent ou réalisé peut facilement induire en erreur.

Le DCA fait-il toujours baisser le PRU ?

Non. Le DCA consiste à investir à intervalles réguliers, indépendamment des variations du marché.

Si les nouveaux achats sont effectués sous le PRU actuel, ils le font baisser. S’ils sont effectués au-dessus, ils le font monter.

Le DCA ne garantit donc ni un meilleur prix ni un gain. Son intérêt principal est de répartir les points d’entrée et de réduire la dépendance à une seule date d’achat.

Gérer plusieurs plateformes et plusieurs devises

Le suivi devient plus délicat lorsque les actifs sont répartis entre plusieurs exchanges et wallets.

Pour obtenir un PRU cohérent, il faut consolider l’ensemble des achats d’un même actif. Un transfert entre deux de vos comptes ne constitue pas un nouvel achat. Il ne doit pas réinitialiser le prix moyen.

Si certaines opérations sont réalisées en dollars et d’autres en euros, il faut choisir une devise de référence et utiliser le taux de conversion correspondant à la date de chaque opération. Utiliser le taux actuel pour convertir d’anciens achats fausse le résultat.

Les opérations DeFi ajoutent d’autres difficultés : swaps, frais de gas, tokens reçus en contrepartie d’un dépôt, récompenses et actifs enveloppés. Dans ce cas, il est utile de conserver l’historique brut avant de chercher à simplifier le calcul.

PRU et fiscalité française : la distinction indispensable

Pour un particulier relevant du régime français des actifs numériques, la plus-value imposable n’est pas calculée uniquement à partir du PRU de l’actif vendu.

La formule fiscale prend notamment en compte :

  • le prix de la cession imposable ;
  • le prix total d’acquisition du portefeuille ;
  • la valeur globale du portefeuille au moment de la cession.

Elle raisonne donc sur l’ensemble des actifs numériques détenus, y compris lorsqu’ils sont répartis entre plusieurs plateformes et wallets.

Le PRU reste très utile pour suivre une position. Il ne remplace pas un calcul fiscal complet et ne doit pas être présenté comme tel.

Cette séparation entre suivi financier et fiscalité est l’un des points qui demandent le plus d’explications en formation. Les deux calculs utilisent des données proches, mais ils ne répondent pas au même objectif.

Comment suivre son PRU sans perdre le fil

Une méthode simple consiste à enregistrer pour chaque opération :

  • la date ;
  • l’actif ;
  • la quantité achetée ou vendue ;
  • le montant payé ou reçu ;
  • les frais ;
  • la devise utilisée ;
  • la plateforme ou le wallet concerné.

Un tableur peut suffire pour quelques opérations. Dès que les plateformes et les actifs se multiplient, un outil de suivi devient plus confortable.

Le Portfolio Tracker disponible sur AflimBroohm.com calcule le PRU pondéré par actif et conserve les données localement sur l’appareil. Il sert à piloter la performance du portefeuille. Il ne constitue pas un logiciel de déclaration fiscale et ne remplace pas la vérification des données exportées par les plateformes.

Les erreurs les plus fréquentes

Utiliser le dernier prix d’achat

Le dernier ordre ne représente pas le coût moyen de toute la position.

Faire une moyenne non pondérée

Chaque prix doit être pondéré par la quantité achetée.

Oublier les frais

Une petite différence répétée sur de nombreuses opérations peut modifier sensiblement le coût réel.

Compter un transfert comme un achat

Déplacer des actifs entre deux comptes personnels ne crée pas une nouvelle position.

Confondre performance latente et gain encaissé

Une hausse affichée sur l’écran reste théorique tant que la vente n’a pas été réalisée.

Utiliser le PRU comme calcul fiscal

Le régime français des particuliers repose sur une formule globale de portefeuille.

En résumé

Le PRU répond à une question simple : à quel prix moyen ai-je acquis cet actif ?

Il permet de suivre une stratégie d’achats successifs, d’évaluer une position et de mesurer un résultat réalisé lors d’une vente. Pour rester fiable, il doit intégrer les quantités, les frais et l’ensemble des plateformes utilisées.

Il faut ensuite conserver une frontière claire entre le suivi du portefeuille et le calcul fiscal. Cette distinction évite de demander à un seul indicateur de faire deux métiers différents.

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Questions fréquentes

Comment calculer le PRU après plusieurs achats ?

Additionnez le coût de tous les achats, frais inclus si vous souhaitez mesurer le coût réel, puis divisez ce total par la quantité totale acquise.

Une vente partielle change-t-elle le PRU ?

Dans un suivi au coût moyen pondéré, le PRU des unités restantes ne change généralement pas. La quantité détenue diminue et une partie du résultat devient réalisée.

Le PRU inclut-il les frais de gas ?

Ils peuvent être intégrés lorsqu’ils sont directement liés à l’acquisition. L’important est d’appliquer une méthode cohérente dans tout le portefeuille.

Le PRU permet-il de calculer l’impôt français ?

Pas à lui seul. La formule fiscale française des particuliers tient compte de la valeur globale du portefeuille au moment de chaque cession imposable.

Sources et vérifications

  1. DGFiP : déclaration des cessions d’actifs numériques
  2. BOFiP : base d’imposition et méthode globale de portefeuille
  3. Portfolio Tracker Aflim Broohm